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  • : Le Monde de Juliette
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  • : mon parcours personnel vu au travers de mes peintures, à la fois journal intime et mini-galerie
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 00:21


Chapitre 14
Il est 14 heures quand elle se réveille.
-« J’ai faim, tu sais. »
Elle est enroulée dans la couette. Elle dévore les huîtres qu’il a posées sur le lit, se saoule de champagne.
Elle rit.
Elle est heureuse. Tellement heureuse.
Il la prend dans ses bras.
Tellement. Tellement.
 
Chapitre 15
Elle est perdue au centre de sa caresse.
Son cœur résonne si fort qu’elle en mourrait presque si le son de son chant murmuré au creux de son oreille ne la maintenait en vie. Les mot qu’il fredonne circulent dans ses veines, rampant le longs de ses membres, tournoyants dans son ventre en serpentines circonvolutions. Chanson.
Elle est emportée, prise, déjà grisée de cette douceur orale pourtant si grave, si sûre, si forte.
Elle est emportée dans le flot de ses mains qui enserrent son visage et dévorent sa bouche si goulûment.
Elle est emportée par le geste rond qui relie épaule et sein en allers et retours incertains et capricieux. Et pourtant…
Elle est emportée par cette coupe qui reçoit, pèse, évalue et puis soudain affole son sein, presque brutalement. Animal.
Elle est emportée par cette gourmandise d’enfant trop longtemps puni et privé de dessert, cette aspiration impossible et pourtant si réelle, cette morsure si terrible et pourtant si douce. Elle ne peut retenir son cri.
Emportée.
Quand il couche son visage sur la plage de son ventre, ce n’est que son souffle qui fait ouvrir ses cuisses. Une brise de mer n’agiterait pas mieux quelques oyats d’été. Les dunes de son sexe en frémissent. Elle est en alerte.
-         « Embrasse-moi. Embrasse-moi. Embrasse-moi, encore et laisse moi t’embrasser aussi. »
Il se retourne et jette toute la mer de ses yeux sur elle. Elle prend sa beauté en plein visage. Elle est trempée de ce regard, inondée, ravie. Il est son naufrage.
Elle l’attire à elle, le sert dans ses bras, si fort, jusqu’à n’être plus rien entre son corps et le lit. Elle voudrait disparaître, qu’il l’engloutisse, là.
Mais elle sent mugir dans son ventre les habitants souterrains qui s’éveillent à l’approche de son sexe.
-         « J’ai tant envie de toi… »
Il sourit, de sa fraîcheur, de sa jeunesse, de sa spontanéité et laisse sa main vagabonder dans des endroits qu’il rêve de découvrir depuis si longtemps.
Il la rencontre.
 
Chapitre 16
Le chemin est si doux et ses doigts si avides. Ils l’habitent.
Sa bouche si capricieuse, envahit tout l’espace de sa chatte, ravage, diabolique instrument de son anéantissement. Mordre, aspirer, lécher, tourner et retourner, appuyer, s’éloigner et revenir sans cesse. Posséder…
D’autres doigts la capturent, ailleurs.
-         «  Mienne, tu es mienne ».
Elle le veut tant…
 
Chapitre 17
Mais elle ne veut plus rien car son corps se cabre, ses reins s’arc-boutent et elle s’agrippe à lui pour rester réelle. Son ventre trésaille, s’agite follement.
Le diable rôde et crie par sa bouche. La douleur est si proche et le plaisir si grand.
Jean Yves est le plaisir.
 
Chapitre 18
Toucher. Il a besoin de la toucher, d’explorer toutes ses soies, ses moires, ses taffetas, de tricoter en entrelacs nerveux les vagues de ses cheveux, de les étaler artistiquement hors du peigne de ses doigts sur la neige de l’oreiller.
Il a besoin de tirer de virtuels haubans de sa clavicule au delta de son cou. De descendre entre ses seins en les ignorant, ingrat, pour mieux jouer de la voile de son ventre. De naviguer d’un muscle à l’autre, d’une rondeur à l’autre, d’un archipel à un autre.
Il a besoin de capturer son dos, de lisser ses flancs et de ramener d’invisibles satins sur ses côtes en un cocon charnel, de l’y enfermer pour lui.
Il a besoin d’attraper sa taille, ses reins, à deux mains, de la soulever, de basculer tout son bassin vers sa bouche et de la dévorer en goinfre, insecte se saoulant du nectar qui en sourd.
 
Et puis, il la repose plein de délicatesse, pour mieux la retourner et satisfaire son envie d’encanailler ses fesses en mille arabesques matissiennes, en rondes écritures insensées que lui seul connaît. Il lui apprend ses mots, du bout de ses doigts. Il lui apprend ses verbes du bout de sa langue.
Il lui apprend l’attente, qui dévore le ventre, le calme retenu, le bouillonnement, l’expérience enivrante, le savoir jouissif, la patience.
Il lui apprend le supplice.
Elle souffre.
Elle le prie, l’implore, en gémissant son désir de lui dans un murmure pudique. Et elle le hurle aussi parce que merde, elle n’en peut plus…
Il ne l’écoute pas. A savoir même si il l’entend.
 
Chapitre 19
Il la veut. A sa façon.
Lentement, extrêmement lentement, il remonte ses mains sur le satin de ses cuisses.
Elle est prête à lâcher un juron. P….. ! Ses yeux sont remplis de larmes.
-         « Je t’aime, Jean Yves. Viens ! Je t’aime…Viens…Je t’aime…Je t’en prie… »
 
Chapitre 20
Il attendait ses mots. Le partage se fait. Un univers nouveau se construit.
 
Chapitre 21
Rouler, jusqu'à l'ivresse, à 160km/h , chiffonnée, épuisée, les yeux embrumés, cernés, le maquillage en berne, les boucles défaites.
Rouler le coeur béant.
Glissade vers l'amer.
 
 
L’amour n’est pas fait pour rendre heureux. Je crois qu’il est fait pour nous révéler dans quelle mesure nous avons la force de souffrir et de supporter.
Hermann HESSE
 
Par Arthémisia - Publié dans : UN PEU PLUS LONG...

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 00:25
Chapitre 10
      - « Tu as l’air en forme, Papa » lui lança sa fille quand il entra dans le restaurant.
Jean Yves sourit. Encore…Clin d’œil complice.
-         « Elle est comment ? »
-         « Je ne sais pas ? »
-         « ??? »
-         « Elle est rêvée… »
Il étira ses longues jambes sous la table. La bouffée de son Lapaz le remplit de plaisir.
Il commanda du champagne, et se releva pour l’embrasser.
Dans l’azur de ses yeux flirtaient l’Atlantique et la Méditerranée.
 
Chapitre 11
Elle l’avait pris au dépourvu. Dans la nuit.
Un baiser appuyé, un peu plus, l’a fait partir. Seule. Elle a honte. Tant de solitude, de remords, de pardon à implorer. Tant d’impudeur, lâchée dans son oreille comme un hurlement. Tant de culpabilité.
Elle l’a torturé.
Il lui écrit qu’il l’aime.
Aime-t-il cette torture ?
Elle sait qu’elle lui a fait mal : elle a mal elle aussi.
Sa nuit est pleine de lui.
Au matin, même son âme est humide.
 
Chapitre 12
«  Tout vaut la peine.
Nous sommes, ma puce, parce que rien ne nous est donné, parce qu’il faut nous battre pour continuer. Nous serions morts sans cette lutte.
Accroche toi. Vis. Bas toi !
Ne crains rien, surtout pas tes envies. Je les encourage. Tes rêves sont les miens. »
 
Mardi. Jean Yves.
Il est sa force.
 
Chapitre 13
A l’ouest.
7 heures.
Il ouvre la porte. Qui peut bien le réveiller si tôt ? Il a juste le temps d’enfiler un peignoir.
 
Elle est là. Elle est là, chiffonnée, épuisée, dans l’embrasure de la porte, les yeux embrumés, cernés, le maquillage en berne, les boucles défaites.
Elle est là, dans sa petite jupe de gamine et son imper mal fermé.
Elle est là tremblante, de froid, de peur, de fatigue.
 
-« Je peux avoir un café ? Je voudrai dormir, si tu veux bien… »
Elle s’est déshabillée. Elle s’est glissée nue dans son lit, juste à sa place encore chaude.
Il la borde, embrasse sa joue, sa lèvre. Elle s’endort dans son regard.
Tout est bleu. Tout est beau.
Son abandon est à lui, chez lui.
Il l’adore, déjà, si fragile dans ce grand océan blanc et si forte pourtant. Comment a-t-elle pu faire ça ?


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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 18:23

(suite)

Chapitre 7
La plage étalait son écharpe blonde. Quelques promeneurs téméraires, quelques mémères à toutous, quelques joggeurs.
Il marchait. Il avançait, enroulé dans le froid.
Ses pensées, rosies par le rêve de sa peau, coloraient le ciel de douceur. Un moelleux délicat et féminin capitonnait son corps. Il était heureux, heureux de la savoir vivante, heureux de son existence. Heureux d’elle.
 
Une vitrine annonçait un séjour de rêve dans des îles paradisiaques pour moins de 2000 euros.
Il rentra dans l’agence de voyage.
 
Chapitre 8
Dessiner l’avait calmée.
L’incision de son trait, la violence du discours plastique qu’elle avait entretenu cette après midi là entre le corps superbe de M. et les feuilles qui jonchaient le sol de l’atelier, l’avaient défoulée.
Dessiner. Dessiner. Encore dessiner. Capturer, prendre le muscle, le tendon, la peau. Se laisser prendre au jeu du regardeur, l’œil captif du corps offert, la main emportée par le dire scriptural.
Le plaisir du faire la mettait en transe à chaque fois. La jouissance était là.
Merci M. de ce plaisir que tu me donnes disait son crayon !
Merci M. de libérer en moi cet instinct de vie…
Elle avait joui du corps de son modèle sans le toucher, sans se toucher.
Il le savait.
Cela entretenait entre eux une ambiance subtile de sensations visuelles feintes, un jeu platonique d’envies retenues, une mystérieuse complicité muette.
Elle aimait particulièrement travailler avec ce modèle là. Il la rendait belle.
 
Elle avait envie d’être belle…
 
Dans la voiture elle se remit du rouge à lèvres. Elle ferma les yeux.
Jean Yves.
 
Chapitre 9
Rouler. Rouler jusqu’à plus soif. Avaler les kilomètres. Ceux de la route qui s’autoroute.
Elle accéléra. 130. 150.160.
Le temps implosait, se rétractait, disparaissait. Seul l’espace, immense, perpétuel, ressassé, immortel, imposait son règne fastueux et fatal. Le ciel se dilatait. La route se déroulait dans une infinie perspective non close, dans un au-delà inconnu, tentant, sublime, rempli d’espérance, d’ailleurs.
Son souffle sursauta. Elle tressaillit au bord de l’abîme, ralentit, prit la sortie vers l’ère de repos, stoppa.
Les pins noirs la narguaient de leur silhouette squelettique. Le ciel se couvrit d’ombre, de chiens, de loups. Le crépuscule silencieux étendait sa sensualité, son inquiétude, sa musique modeleuse d’esprit.
Elle sortit son carnet de molesquine.
« Mon amour,
quand je t’ai rencontré, j’avais soif, j’avais faim.
Je t’ai mordu, dévoré.
Tu en porteras les blessures. »

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 00:41
 
Chapitre 4
John Coltrane et Archie Shepp déroulait leur Favorite Thing.
Assis au bar, derrière son whisky, il recevait l’image eidétique de la serveuse. Sa matérialité le frappait en pleine face. Ses hallucinants déplacements longitudinaux, ses rotations vers la machine à café, l’envolée de sa chevelure blonde, sa main rapide et fine autour des goulots sexes, le plongeaient dans une netteté nouvelle, un réel tellement donné, tellement offert, qu’il en écorchait son oeil avec une acidité tranchante mais cependant se maintenait hors de son psychisme. Son esprit était au sud.
 
La serveuse avait une très belle bouche.
Le soir même quand il jouit en elle, c’est le pseudo d’A. qui habita son cri.

 
Chapitre 5
Dimanche matin.
Des griffures sales de mascara noir laceraient l’oreiller blanc de A. Elle avait pleuré deux heures dans le noir avant que les cauchemars ne viennent hanter son sommeil de leurs racines anthropomorphes.
 
Chapitre 6
Quel jour était-ce ? Elle voudrait l’oublier. C’était un jour de plus, un de ces affreux jours, qui se suivent et se ressemblent tous. Peut-être mercredi…
Elle l’avait appelé. Elle n’aurait pas dû.
Pourquoi a-t-elle pleuré bêtement au téléphone ? Elle le regrette tant. Elle ne voulait pas lui montrer ça, lui faire entendre ça. Il est des jours, des jours, des jours et encore des jours où la marée de larmes cogne contre les digues de sa fierté, où, ballottée par les vagues elle ne sait plus à quel écueil s’accrocher.
Sa voix l’a caressée. Elle l’a aimée. Et pourtant elle regrette de ne pas savoir être forte, de toujours succomber à son appel, d’être si seule.
Elle voudrait être habitée, peuplée de sa main, de sa bouche, de ses mots, de toutes ses pensées.
Elle se sent liquide, vide, tellement immatérielle, tellement rien.
Elle se sent mourir.
Comment exister aujourd’hui ?
 
Lundi 11heures.
Caresses solitaires dans le noir de sa chambre.
Un café.
Le téléphone. Non.
 
Le désert s’agrandit.
 
Lundi 12h30
Le téléphone. Oui.


 
Par Arthémisia

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 08:52




Chapitre 3

Sa voix était de pierre, de ces cailloux tombés au fond des torrents de montagnes, de ces galets roulés sans cesse par les mers, brutaux et bruts. Elle arrivait de loin, des entrailles de la terre d’où elle avait surgi, lave rouge en fusion, soudain solidifiée au sortir de sa bouche. Son corps était volcan.
La terre ne triche pas. Sa voix était vraie.
 
Au creux de ces sonorités tellurique, elle décelait cependant une fragilité, de celles du bois mort se brisant sous le pas, de celles de la lame qui soudain se casse net. Elle y lisait la délicatesse de la blessure, l’aumône du temps, les cadeaux douloureux de la vie, la tristesse de l’absence, les questions sans réponses, la solitude. Une brèche.
 
Elle s’y est engagée. Le fallait-il ?
Les parois de son corps l’ont ainsi accueillie. Elle était dans son nid, entre ses lèvres, entre deux murailles chaudes qui l’engloutissaient, l’anéantissaient, la protégeaient, la prenaient, toute.
Elle n’avait plus peur.
Elle n’avait plus froid.
Le sang incolore du doute ne coulait plus de ses yeux.
 
Elle était en lui, dans sa main, dans sa tête. Il la vivait. Il la faisait vivre.
Espoir.
Ils allaient l’un vers l’autre.

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 15:22

Chapitre 2

Il observait attentivement son Lapaz. Sa cape claro si peu nervurée, était fine et délicate. Une peau.
Cela faisait trop longtemps qu’il en avait frôlée.
Une peau.
Il se rêvait sur elle.
Il parlait à cette peau.
Il se réveillait sur elle.
Elle le révélait.
Des aurores sortaient de ses doigts affamés et embrasaient son crâne.
Des danses infernales agitaient ses muscles et enflammaient son ventre plein de serpents.
Des mots s’entrechoquaient en un tintamarre tellurique mêlant plusieurs langues, celle de la plus bacchanale musique et celle de la tendresse, celle qui pénètre entre les cuisses et celle qui réunit les bouches, celle du désir qui tord et celle du don.
Il se rêvait en elle.
 
Ce matin là, il avait écrit trois pages.
Son esprit était mouillé de larmes, d’alcool, de café fort. Il renouait avec les mots. Il se nouait à elle. Il marchait sur le verbe, hésitant, tanguant, courant soudain, exalté, jouant, jouissant, ivre de mystère, et souffrant cependant de trop d’ignorance, de trop de questions sans réponse.
 
Il resta plus de trente minutes dans son bain, la main sur son sexe, douloureux.
L’eau était froide.
 
Le téléphone le fit sursauter.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 00:38

 





Tour.sac.jpgOn est monté avec une espérance,
écrire et on y est,
tout en haut de la Tour,
cercle familier, lieu de solitude.
On caresse le bureau au bois onctueux,
on teste la douceur du marocain, on se rassure
avec le stylo familier.
Par toutes les ouvertures le ciel nous regarde,
par chacune on rêve de s’échapper,
par chacune on rêve d’une histoire différente,
par chacune on rêve.
Un nuage passe tout près, on le sent chez lui.
On imagine ouvrir la fenêtre,
le toucher, peut-être partir.
Les feuilles sont restées blanches mais les mots ne sont pas loin,
juste au-dessus, ils ont un peu de peine à quitter les pensées
dont ils sont amoureux.


Pierre Benoit Copyright ©











"Cette tour j'y ai "vécu" pendant 20 ans, montant moi aussi régulièrement le bel et grand escalier, avec déjà mes espoirs de peinture en tête.
Puis ce fut aussi l'écriture, l'écriture douloureuse, que le beau paysage de la colline venait adoucir.
J'y ai laissé un peu de moi-même, mon coeur est encore là-bas".
Juliette b.


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